Une journée particulière…

Christophe Jeanjean, Juliette Moinard et Leonice Huet applaudissent le spectacle des enfants

Il est des rencontres, comme cela, qui marquent. Ce dimanche 15 octobre est l’un de ses jours à marquer d’une pierre blanche pour bon nombre d’enfants d’un tout petit village à 30 minutes de Yogjakarta. Un village d’irrésistibles tolérants, entouré de communautés religieuses très intégristes qui pratiquent un islam bien loin de celui, modéré, coloré et joyeux, si représentatif de l’Indonésie.

Alors, les villageois, vivant tous dans des conditions de grande précarité, ont appelé à l’aide l’Association Bintang Kidul, initiée par les formidables Dominique et Tri. Pour sauvegarder cette liberté de penser, d’expression à travers des activités extra scolaires sportives et artistiques. En devenant, en quelque sorte, le village d’Asterix au milieu des garnisons romaines… Et ce sont des jeunes Gaulois qui ont illuminé de leur présence ce petit village en ce dimanche matin : les jeunes mousquetaires de l’équipe de France junior, qui faisaient ce bel effort de consacrer leur seul jour de repos à cette visite, en plein milieu des championnats du monde junior indonésiens.

Margot Lambert explique son parcours

En ce petit matin, donc, tous les joueurs sont là, la banane au bec, le maillot de l’équipe de France sur le dos, après leur exploit de la semaine passée et cette 8ème place mondiale historique. Christophe, qui manage ce joli petit monde, est là aussi, avec, lui, son maillot d’ambassadeur Solibad sur le dos. C est parti. Un voyage en minibus et quelques voitures suiveuses avec à leur bord également Claudia Lam, notre ambassadrice australienne, et Freek Cox, arbitre international Néerlandais, lui aussi ambassadeur et particulièrement actif.

Après 30 minutes de trajet en direction de la banlieue de Yogjakarta, nous voici presqu’arrivés. La magnificence des rizières tranche avec les uniformes ultra conservateurs de centaine de gamins que nous croisons. Le ton ici est donné : on ne rigole pas avec les pratiques religieuses, même pour la petite enfance. Seuls des bribes de visage sont visibles – le reste est drapé, caché. Nous passons vite notre chemin, mais comprenons encore mieux l’enjeu de ce programme ici. Arrivés dans l’enclave, au milieu du village de « résistants », l’atmosphère se fait ici largement plus détendue. Ce sont de larges sourires qui nous accueillent, des rires et des attentions bienveillantes. Les Bleuets débarquent et sont invités à se déchausser et s’assoir à même le sol d’un petit préau de la maison des jeunes, au cœur de l’action de l’association. Les enfants ont préparé un spectacle. Deux actes d’une pièce pantomine – une histoire de chasseur et de pêcheur pleine d’humour qui fera bien rire tous les spectateurs – dont nos jeunes athlètes, mais aussi les familles, les amis des jeunes qui sont tous venus participer à cette visite inattendue qui s’est un peu improvisée en fête du village. Puis vient la danse traditionnelle par deux bouts de chou qui ne manquent pas d’attendrir nos insepiens. Ces derniers viennent au micro, un par un, et se présentent. Des «oh », des « ah » et des applaudissements interviennent à chaque fois qu’ils déclinent le sport de haut niveau et les études qu’ils poursuivent par ailleurs. Ici, la possibilité de faire des études supérieures et du sport de haut niveau fait tout simplement rêver. Un festin de fruits frais minutieusement découpés, de Pisang Goreng (beignets de bananes) sont partagés.

Patrice Delabrouille, Vimala et Juliette donnent quelques « trucs » pour mieux entrainer les jeunes du villages.

Direction la salle de badminton, à 5 minutes en voiture. Les jeunes badistes locaux – une vingtaine à venir s’entrainer régulièrement sous l’égide du club désormais très officiel « Bintag Kidul Solibad » – sont prêts à en découdre avec les Bleuets. Certains jouent encore pieds nus, mais tous ont le maillot flanqué du logo Solibad, signe de leur appartenance à cette structure qui est, plus qu’un club de badminton, une véritable famille d’accueil. La salle, au milieu de nulle part, comporte deux terrains. Le sol est en carrelage – celui-là même que l’on trouve dans les cuisines du monde occidental.

Photo de famille avec les joueurs et les enfants

Les filles avec les filles, les garçons ensemble aussi, et c’est parti pour l’échauffement. La « capitaine » Vimala (Heriau) pilote en cadence les rotations de coude, de cheville, de tête de ces jeunes demoiselles, tout sourire. Puis c’est la place au jeu. Des doubles improvisés entre les stars et leurs jeunes fans d’un jour. Les timidités s’oublient, les rires raisonnent, le bonheur de nos hôtes est palpable. Dehors, les entraineurs de l’équipe de France prodiguent eux aussi des consignes à ceux qui encadrent les jeunes équipes de Bintang Kidul – Thibault (Cambuzat) et Christophe (Jeanjean) partagent leur savoir avec plaisir. Patrice (Delabrouille) improvise un cours sur le gainage avec Léonice et Juliette comme cobayes, avant que tout ce joli petit monde ne se réunisse dehors pour la traditionnelle photo de famille. Des goodies de l’association sont distribués aux enfants par les jeunes de l’équipe de France. Mais ils auront donné bien plus.

Vimala Heriau et sa jeune partenaire du jour

C est l’heure de repartir. Le minibus pour les Bleus, alors que les jeunes de Bintang s’entassent dans la remorque d’un camion pour retourner au village. Entre sourire et tristesse de devoir dire au revoir à leurs amis d’un jour. Une rencontre qui aura donné envie. Fait naitre des vocations, peut-être. Une rencontre qui aura marqué, c’est sûr. Les uns comme les autres.

Texte et photos : Raphael Sachetat.
Le lien pour voir tout l’album des images du jour :

 

Samy Corvée distribue les goodies aux jeunes

Eloi Adam, lui, s’est fait un nouveau jeune pote…

C’est l’heure des au-revoirs… entre joie et tristesse.